L'Église du Mouvement Péristaltique Inversé

2002

CD album / Brume 07

€ 8.00

 

A dreamlike atmosphere in a weird masterpiece...

Definitely bizarre and totally indescribable !

 

 

 

 


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  • Bon, quoiqu'on en dise, industriel ambiant décalé, électroavant-garde à pistons, où juste melting pot bancal d'influences mal dégluties, je persiste à dire qu' EMPI fait de la musique pour radiateurs. Les fans d' Eraserhead situeront toute suite.
    Mais pourquoi ne pas s'y adonner tout de suite, de toutes façons ? Quand "journées de mobilité réduite" bourdonne, je fais immédiatement le lien entre la flûte, microcosmos et la seconde vision du Zos Kia ( oui, celle où deux rois s'échappent par les coins opposés d'une même cellule, tandis qu'un cercle d'anges gris surveillent l'écrivain.... ).
    Dommage que les paroles soient parfois mises en retrait dans le mixage. Tant mieux en même temps. Cela rend plus mystérieuses encore les bribes qu'on y capte. Je ne sais pas si j'ai vraiment entendu " C'est moi, ta paroisse, c'est moi..." ( je ne crois pas en fait... ) mais on s'en fout de toute manière. ( "je vais me travestir en femme...." ).
    On trouve dans cet album la bande son d'un porno réalisé par Tsukamoto, avec Elephant Man en guest star ("ankara"). Le monologue d'un intestin post rockeux, ou les confidences antemortem de Ripley (oui oui, la chauve qui jouait dans la pub de Wumpscut là, Alien 3 ). Des embryons pas encore vomis de mélodies. Des connexions hasardeuses sur nappes gothisantes aux morilles. Des musiques pour enfants morts où pas loin de l'être, de l'indus métal mou, des rires de fin de foire. EMPI rappelle parfois ces autres surréalistes troubles, les Tétines Noires (sur le morceau "Le Chien", dont même le titre est tétinique...), ou du moins leurs morceaux les plus expérimentaux. D'autres fois c'est Diabologum. Ou des musiques de film (Lynch, souvent... ), parfois même des ambiances plus littéraire (je ne sais pas pourquoi, il a fallu que je pense à l' "Ombilic des Limbes" d' Artaud )
    Mais c'est surtout une palette d'émotions variées, un projet certainement pas élitiste, comme certains ont pu le croire, dont le jaillissement des idées ne peut être perçu que comme d'une richesse et d'une ouverture extrême, même si l' Eglise explore principalement les nuances du rire jaune. D'ailleurs les shows télévisés de Kitano sont excellents.
    L'EMPI n'est pas seulement une succursale sonore de Cronenberg Inc. Non . L'Eglise n'est pas non plus un distributeur d'antéchrists. Ce produit n'est plus en rayon. L' Eglise se propose de vous prendre par la main, et de remettre en question par tous les moyens théologiques, psychologiques ou philosophiques, le fonctionnement sommes toutes assez conventionnel ( oui ! même toi au dernier rang! ) de votre système digestif.

    Axesscode

     

    Baroque ? Barré ? Marrant ? Taré ? Délirant ? Magnifique ? Eclectique ? Hétéroclite ? Mystique…ou tout simplement fantastique ? Difficile de s’arrêter sur un seul adjectif pour décrire cet album à l’esprit lézardé sans doute arrivé parmi nous à la faveur d’une faille dans le continuum espace-temps ! Ce disque décrit comme « electro-post-rock-experimental », mais qui serait plus avantageusement décrit comme « laboratoire d’expériences musicales », part un peu dans tous les sens et il en résulte une musique qui ne ressemble à rien, indéfinissable, foncièrement originale, sans doute appelée à devenir rapidement « culte », voire une grande référence de demain, qui sait ? La décrire est en tout état de cause périlleux : tout ce que l’on peut affirmer avec certitude est qu’il y a des guitares, des bruits, des rythmes, des machines, des textes, des textures, pour le reste, c’est à dire le résultat, il n’y a vraiment pas de mots, c’est étrange et inconnu, biscornu comme la maison aux sept pignons. Mais il me semble que L’Eglise Du Mouvement Péristaltique Inversé, plutôt qu’un groupe traditionnel, est plutôt une entité qui s’appuie sur d’autres modes d’expression, ou qui du moins n’atteindrait pas un degré d’originalité si grand s’il ne s’agissait strictement que de musique. Il y a chez eux quelque chose de proche de « l’œuvre d’art totale » où, chaque domaine de la création rentre en jeu dans l’ « esprit E.M.P.I », à la fois très fin de siècle décadent et irrévérent (le duo a l’air assez obsédé par le sexe et la religion) et résolument moderne et novateur (futuriste ?). La recherche esthétique est très poussée et proche de l’univers fantastique sombre, comme en témoigne l’artwork du disque ainsi que son prolongement dans les photos (semblant tout droit sorties d’un film d’auteur mi-science-fiction, mi-expressionniste) que le groupe propose sur son site internet. D’autre part la création littéraire a un rôle déterminant dans les sensations que le groupe transmet, avec des textes très intéressants en eux-même, très poétiques, étranges, voire dérangeants, non sans rappeler Lautréamont et Artaud, surtout celui d’ « Orthodontie descriptive du cycle ». En tout cas, cet album, par l’effet conjugué de tous ces modes d’expression, laisse un inquiétant malaise en arrière-goût, l’impression de ne pas savoir d’où on revient ni comment on y est allé. En somme, aussi indescriptible qu’il soit, il apparaît comme une parfaite version musicale du genre littéraire de « l’étrange », et c’est peut-être là ce qui en dit le plus sur cet album aux frontières de tous les genres.

    Célia Schneebeli / Le Fantastique

     

    Mysterious and complex aural experimentations involve the subject of this particular French project. An incredible extract of neoclassical intuitions, oneiric advanced arts, "videodrome" - orchestrations, abstract reconnaissances, and futuristic tango. Tracks from restless and running shadows are alternated to bilateral sensual shapes, fragmented noise vibrations, progressive visions, and funambulist introspections. A sophisticated work difficult to label, centralized on an accurate study of atmospheres and effects. The CD includes also the E.P. called "Cancer", that extends and emphasizes psychedelic perturbations and instrumental disorderliness. The author knows the more extreme points of musical research, fusing varies kinds in order involve and irradiate completely every hidden perception. Sonorous intelligent irruptions all to discover. (EXPERIMENTAL-POSTROCK) ".

    Francesco / Twilight Zone

     

    L'Église du Mouvement Péristaltique Inversé, un nom à coucher dehors, certes, mais un nom qui nous oblige à sortir le dictionnaire, qui nous fait, sinon réfléchir, au moins nous poser des questions. Chose rare et appréciable en cette période de "facilité musicale". Un "Mouvement" qui aurait à voir avec la progression des aliments dans le tube digestif, nous affirme le susdit dictionnaire. Nous voilà bien avancés.
    Alors, en résumé, l'EMPI, ce serait un peu Blanche Neige qui se serait égarée dans un film de David Lynch en écoutant du John Zorn en boucle. Un croisement d'indus et d'ambiant horriblement glaciale, mêlé à des voix et des sonorités désespérément humaines. Des visions d'entrailles, d'humeurs, de salive, de sécrétions s'écoulant sur des rouages mécaniques rouillés, gouttes à gouttes, comme pour les huiler, les faire glisser. L'humain dans ce qu'il a de plus laid épousant la machine dans ce qu'elle a de plus repoussant... Un pur bonheur ! Un savoureux dessert saupoudré de douce folie, puis régurgité, des morceaux sucrés et structurés à la manière de pièces de puzzle éparpillées, présentées sur un plateau d'acier et baignant dans une succulente flaque de bile. A vous de choisir d'assembler les pièces, de reconstituer le puzzle ou de le prendre tel quel, sans chercher à comprendre. Quoi qu'il en soit, si la vomissure était toujours aussi bonne, le monde n'en serait forcément que meilleur.

    Alyz Tale / Elegy magazine

     

    Attention ! OVNI Musical ! Les expérimentations de l’Eglise du Mouvement Persitaltique Inversé ne sont assurément pas à mettre entre toutes les oreilles. Prônant la décadence à l’état pur et déstructuration mentale, les montages sonores enveloppent l’auditeur et le rendent spectateur d’un monde étrange, entité spectrale farfouillant au plus profond de l’esprit de protagonistes décalés, à la limite de la folie (« Orthodontie Descriptive du cycle ») ou en monologue dramatique (« Le Chien »). Et lorsque l’on se laisse subjuguer par les méandres musicales du très beau et intimiste « Pression », c’est pour mieux être pris à revers par un contenu textuel susurré à votre oreille par le vice lui-même. Et de se réveiller groggy par « Thérapie par la danse pour enfants souffrant de problèmes psychomoteurs », hymne aphone et hors tempo, hors cadre complet pour mieux réajuster le tir, avant l’hypnose majestueuse d’un « Electro-pop pour caveau » ou l’inquiétude provoquée par « Jurnées de mbilité rduite ».
    Loin, très loin d’un cadre rigide, la recherche de l’EMPI prend la forme de free electro ne reculant devant aucune tentation sonore et se révèle terrifiante, éprouvante car tellement éloignée de nos attentes habituelles, troublée continuellement par des envies de dissonance déraisonnables. Et la reprise de l’intégralité du premier e.p « Cancer » à la fin de l’album n’est pas là pour recentrer le propos mais participe encore plus à l’excentricité explicite d’un projet hors-norme.
    Nous déclinons toute responsabilité en cas d’aliénation mentale suite à l’écoute de cet album, que nous ne saurions que trop conseiller aux plus aventureux d’entre vous.

    Nico / Obskure



    Que voilà un nom bien barbare comme la scène industrielle savait en imaginer dans les années 80 ! Il faut dire que le bidouilleur de talent qui se cache derrière cette appellation d'origine incontrôlée possède une personnalité forte, nourrie de bien des influences estimables. Entre Die Form et Art Zoyd, avec un soupçon de Costes pour les textes, l' E.M.P.I. est probablement la révélation indus de l'année et nul doute que les labels les plus malins sauront s'emparer de ce petit génie au délire arty et irrévérencieux, qui, en plus d'une musique originale et de textes dérangeants, possède un don inné dans le choix des titres de ses morceaux ("Thérapie par la danse pour enfants souffrant de problèmes psychomoteurs", "Orthodontie" descriptive du cycle, "Electro-pop pour caveau", etc...). Pas toujours à l'abri du kitsch, la musique de l' E.M.P.I. manque peut-être encore de gravité et d'une (dé)structure solide, mais se laisse écouter avec délectation et,en tout cas, révèle un talent authentique et prometteur. A surveiller de près : il y a des chances que cette Église fasse de nombreux adeptes, en dépit de la réaction discutable de l'estomac face à de telles hosties (je vous renvoie d'ailleurs à votre dictionnaire afin que vous saisissiez tout ce qu'implique digestivement le terme "péristaltique inversé"). Alors ne soyez pas les derniers à venir y communier. Car si l'Église peut-être un asile, cela peut être un asile de fous; la preuve acoustiquement éloquente étant parfaitement constatable (sans huissier) à l'écoute de ce CD que vous devriez être honteux de ne point encore avoir acquis, chiens d'infidèles !

    Mario 12/02/2002 / Clyzenn